Depuis 2001 avec le Zyban® et février 2007 avec le Champix, les candidats à l'arrêt du tabac disposent de deux médicaments dédiés au sevrage tabagique. Plus efficaces que les substituts nicotiniques, ces médicaments sont à manier avec prudence.
Zyban® :
En 2001, un médicament a été commercialisé en France pour aider à l'arrêt du tabac sous le nom de Zyban®. Ce médicament repose sur une molécule particulière, le bupropion qui est un antidépresseur. Il a pour propriété d’augmenter les quantités de certains neurotransmetteurs au niveau cérébral (noradrénaline et dopamine).
Pour mémoire, la dopamine est fortement impliquée dans les phénomènes de plaisir. Le Zyban® propose donc d'agir directement sur le cerveau pour pallier le manque de plaisir lié à l'abstinence.
Présenté comme le remède miracle à sa sortie, ce médicament montre toutefois des limites. En effet, selon les études menées aux Etats Unis et en France, les chiffres d’efficacité varient de 30 à 50 % au bout de 7 semaines de traitement. Au delà, les bons résultats atteignent péniblement 20% soit à peine mieux que les substituts nicotiniques. Les résultats sont meilleurs quand il est associé à des patchs nicotiniques (presque 60 % à 7 semaines de traitement) mais replonge à moins de 50% ensuite si le traitement est arrêté.
Comme tout médicament actif délivré uniquement sur ordonnance, le Zyban® est associé à une liste d'effets indésirables à ne pas négliger tels que des insomnies, une sécheresse buccale mais aussi et ce qui est plus grave, le Zyban® est un déclencheur potentiel de crise d’épilepsie. Il ne peut ainsi être prescrit à des personnes sujets épileptique ni aux insuffisants rénaux et hépatiques. En l'absence de résultat probant, le Zyban® doit être arrêté au bout de 7 semaines.
Champix® :
Depuis février 2007, une nouvelle génération de médicament dédié à l'arrêt du tabac est apparue sur le marché français sous le nom de Champix®. Ce médicament était utilisé préalablement aux Etats-Unis en tant qu'antidépresseur. Comme le Zyban®, le Champix® agit directement dans le cerveau mais cette fois sur les mêmes récepteurs que la nicotine grâce à une molécule appelée varenicline. Cette molécule est capable d’inhiber la sensation de plaisir liée à l'absorption de nicotine.
Deux fois plus efficace que le Zyban® selon les résultats des études menées aux Etats-Unis, ce médicament ouvre une nouvelle voie dans le traitement de la tabagie. Uniquement délivré sur ordonnance, il doit être administré uniquement à des fumeurs motivés et bénéficiant de conseils et d'un suivi. Le traitement commence en amont de l'arrêt du tabac soit 1 à 2 semaines avant. Il se poursuit ensuite en observant une montée en puissance : un comprimé à 0,5 mg par jour pendant 3 jours, puis un comprimé à 0,5 mg deux fois par jour pendant quatre jours suivants puis un comprimé à 1 mg deux fois par jour jusqu'à la fin du traitement qui ne doit pas excéder 12 semaines.
Comme le Zyban® est un médicament actif qui suppose des mises en garde d'utilisation. Les effets indésirables actuellement répertoriés sont les nausées, l’insomnie, les rêves anormaux et les céphalées. Comme jusqu'à présent aucun test n'a été réalisé chez la femme enceinte ou les mineurs, l'administration de ce médicament leur est interdite.